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Dans l'Inde du Sud, la passion du jallikatu, l'autre tauromachie
information fournie par AFP 19/01/2026 à 07:58

Un participant tente de maîtriser un taureau lors d'un spectacle de "jallikatu" à Palamedu, près de Madurai, le 16 janvier 2026 en Inde ( AFP / R. Satish BABU )

Un participant tente de maîtriser un taureau lors d'un spectacle de "jallikatu" à Palamedu, près de Madurai, le 16 janvier 2026 en Inde ( AFP / R. Satish BABU )

"Jallikatu": chevaucher un taureau en pleine charge après l'avoir agrippé par les cornes. Dans l'Etat indien du Tamil Nadu (sud), c'est un spectacle très prisé, Saravanan B en a fait une passion et finalement sa vie.

"J'ai commencé à l'âge de 18 ans", raconte l'ouvrier du bâtiment, qui en a 31 aujourd'hui. "Ca m'a toujours intéressé, j'ai grandi en regardant le jallikatu".

A l'âge où ses copains d'un petit village du district de Madurai se passionnaient pour l'incontournable cricket ou le foot, Saravanan B admirait déjà les corps musclés et l'adresse de ceux qui défiaient les taureaux.

Dans cette forme centenaire de tauromachie, pas de muleta ou de banderilles, et encore moins de mise à mort.

Ici, les toreros défient l'animal à main nue dans un champ ouvert, et s'efforcent de le maîtriser en lui grimpant sur le dos, un peu comme dans un rodéo.

Dess participant tentent de maîtriser un taureau lors d'un spectacle de "jallikatu" à Palamedu, près de Madurai, le 16 janvier 2026 en Inde ( AFP / R. Satish BABU )

Dess participant tentent de maîtriser un taureau lors d'un spectacle de "jallikatu" à Palamedu, près de Madurai, le 16 janvier 2026 en Inde ( AFP / R. Satish BABU )

Un art dangereux, qui fait régulièrement des morts.

"J'ai été blessé plusieurs fois, j'en ai encore les marques sur le corps", témoigne Saravanan B.

Malgré les risques, le jeune homme s'entraîne deux fois par semaine en vue du grand rendez-vous annuel de la spécialité, pendant la fête des moissons de Pongal.

Pour le plaisir, mais jamais pour l'argent, assure-t-il.

- "Je ne blesse jamais l'animal" -

"Je combats les taureaux parce que j'aime ça. En général, quel que soit le montant de la récompense, je la cède à quelqu'un d'autre", explique Saravanan B, "gagner est d'abord une question de fierté".

Saravanan B tente de maîtriser un taureau lors du festival annuel de "jallikatu" à Palamedu, près de Madurai, le 16 janvier 2026 en Inde ( AFP / R. Satish BABU )

Saravanan B tente de maîtriser un taureau lors du festival annuel de "jallikatu" à Palamedu, près de Madurai, le 16 janvier 2026 en Inde ( AFP / R. Satish BABU )

Comme la tauromachie traditionnelle, le jallikatu n'échappe aux critiques des défenseurs du bien-être animal.

Certains accusent les organisateurs de faire boire de l'alcool aux taureaux, de leur jeter de la poudre urticante sur les yeux ou d'affuter leurs cornes. D'autres soulignent les graves blessures infligées aux bêtes.

Les promoteurs du spectacle s'en défendent et insistent sur les règles qui encadrent ce qu'ils considèrent comme une part essentielle de la culture du Tamil Nadu.

"Les gens qui ne connaissent pas le jallikatu peuvent croire que ça fait mal au taureau, je ne crois pas", se défend le matador. "Je l'ai toujours considéré comme mon ami, je ne blesse jamais l'animal".

Dans deux mois, Saravanan B prendra pour épouse une femme qui, sans surprise, partage sa passion. "C'est même", dit-il, "pour ça que nous nous marions".

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